David Bowie 1967, le premier envol

David Bowie, le premier album de David Bowie paru en 1967, est réédité en vinyle picture. Quand le futur Starman s’apprêtait à décrocher les étoiles…

Des débuts londoniens confidentiels de David Jones à la pointe de l’avant-garde internationale, David Bowie a emprunté autant d’alter egos que d’idiomes musicaux. Ziggy Stardust, Major Tom, le Thin White Duke, ou encore Halloween Jack et Nathan Adler sont les personnages d’un éblouissant kaléidoscope créatif où le rock, la pop, le rhythm’n’blues et le folk épousent indifféremment la soul music, l’ambiant, le funk, la new wave, l’electronica et le be-bop. 

Au cours des années 1960, le jeune mod originaire du quartier londonien de Brixton avait déjà éclusé plusieurs labels et visité quelques studios d’enregistrement avant de décrocher les étoiles avec Space Oddity, en 1969. Deux ans plus tôt, David Jones était devenu officiellement David Bowie en juin 1967 avec ce premier album intronisant son identité définitive.

Publié par le label Deram et produit par Mike Vernon, David Bowie fait suite à série de singles confidentiels en compagnie des éphémères formations The King Bees, The Manish Boys et The Lower Third. Excentrique à souhaits, ce premier essai est une réjouissante curiosité où le psychédélisme made in Britain de Lennon/MacCartney et du Pink Floyd de Syd Barrett (“Sell Me a Coat“) rejoint les vignettes sociales du Kink Ray Davies (“Uncle Arthur“) et le vaudeville cabaret de son idole de jeunesse, le crooner Anthony Newley. L’influence du chanteur-vedette de l’Angleterre des années 1950 s’immisce dans les pastiches nostalgiques de “Little Bombardier“ et “When I Live My Dream“, extraits symptomatiques d’un premier envol en solo joyeusement kitsch qui, à sa sortie, passera largement inaperçu. Le calendrier n’était pas non plus du côté du vairon polymorphe : David Bowie est paru la même semaine que le Sgt. Pepper Lonely Hearts Club Band d’un certain groupe de Liverpool.